Championnat du Monde de formations latines


La formation championne du Monde en 2008, Grün-Gold-Club Bremen, qui avait dansé l'an passé sur la musique de Rocky, Eye of the Tiger, a connu une défaite amère lors du championnat d'Europe 2009, les juges les classant 2e et plaçant sur la première marche du podium la formation locale lituanienne (le championnat d'Europe 2009 a eu lieu en Lituanie), Zuvedra Klaipeda University, avec leur prestation sur James Bond.

Après cette défaite, 4 danseurs du Grün-Gold-Club Bremen décidèrent de quitter leur club, quelques semaines seulement avant le Championnat allemand de formation Latines – compétition déterminante pour les qualifications au Championnat du Monde.

Ces départs ont créé comme un électrochoc. Roberto Albanese, qui entraîne non seulement les trois équipes (A-B-C) de formation latines de Brême, mais aussi la formation autrichienne à Vienne et, cette année, la formation anglaise de Preston, décida de recentrer ses efforts sur le Grün-Gold-Club Bremen.

Quatre jeunes danseurs de l'équipe B du Grün-Gold-Club Bremen ont donc été promus dans l'équipe A, apportant avec eux dynamisme et enthousiasme. Depuis cet événement, le Grün-Gold-Club Bremen s'est classé premier dans toutes les compétitions qui se sont déroulées en Allemagne.

Mais au niveau mondial, le samedi 5 décembre 2009, rien n'était joué.

© photo : Magali Provost



Près de 4 000 spectateurs étaient venus soutenir leur équipe favorite. La compétition était diffusée en simultanée à la télévision. Le stress était palpable et les éliminatoires marqués par de nombreuses chutes.

19 Formations venues de 12 pays différents se sont succédées. Et sur la piste, deux groupes distincts : les formations qui présentaient des chorégraphies déjà dansées en compétition et celles qui innovaient.

Parmi les 7 pays ayant conservé la même danse que l'an passé, on remarque : les deux formations lituaniennes James Bond et Brazil, ainsi que la Hongrie avec Jackson Mix et l'Autriche, Queen. La formation B de Hollande et la Pologne ont dansé la même chorégraphie qu'en 2008, et sur la même musique Shake your tailfeather ! Seuls les costumes étaient différents...

Le conservatisme de la Lituanie est certes compréhensible : James Bond lui a permis d'être championne d'Europe cette année et Brazil, championne du Monde en 2002. Bien sûr, la qualité était au rendez-vous, la Lituanie classant ses deux formations en finale. Mais le public (et les juges ?) apprécient la nouveauté.

Saluons donc les pays qui ont fait preuve d'originalité :

  • Autriche, Blau-Grün Wien, Crazy frog on the water : prestation pleine d'humour (il fallait oser le lac des cygnes en version paso-doble !!!).

  • 7e Hollande, Double V A-Team, Symphonica in rosso : les seuls à « faire l'avion » (l'homme en rotation sur lui-même tenant un bras et une jambe de la danseuse), provoquant une impression de vitesse époustouflante. Une danse très vive, constante et sans erreur qui aurait mérité la finale.

  • 4e Russie, Vera Tyumen, Watch it : les Russes ont conservé la musique de l'an passé (Michael Jackson) mais ont eu la bonne idée de modifier entièrement leur chorégraphie. L'originalité est leur point fort : présentation en Y et en % (deux petites rondes qui se déroulent en diagonale), diagonale droite qui dévie en diagonale gauche, pirouettes Bergman pour les filles (comme en patinage artistique). Le spectateur en prend plein les yeux ! Hélas, une erreur en finale les place hors du podium.

  • 3e Allemagne, TSZ Velbert, Fortis nova : la formation de Bremerhaven ayant été dissoute (Horst Beer entraîne désormais la formation standard de Bremerhaven), le TSZ Velbert s'est classé 2e dans tous les championnats allemands en 2009. Ce club est sans conteste le champion des pirouettes très rapides, propres et parfaitement synchronisées. Mais quelques efforts restent à fournir sur l'originalité des chorégraphies, un peu trop prévisibles.

  • 1er Allemagne, Grün-Gold-Club Bremen A-Team, Siamo noi : la formation de Brême a relevé un véritable challenge. L'ancienne chorégraphie, Rocky, reposait sur une mélodie célèbre et il est plus facile pour le public d'apprécier une danse dont ils connaissent la musique. Cette année, le choix a porté sur une musique italienne peu connue, faisant la part belle au paso-doble. Le début est un paso lent qui s'accélère progressivement pour aboutir à 16 pirouettes d'une rapidité inouïe. La compétition est lancée. La chorégraphie s'attache à respecter la danse de couple et la caractérisation des danses. La grande nouveauté est la diminution suivie d'une accélération rapide du rythme (la samba commence à 50 BPM, puis diminue à 47 et se termine à 50 BPM). De grandes difficultés techniques sont relevées : les danseuses tournent sur elles-mêmes avec l'oreille collée à l'épaule, grand écart facial, pirouettes inédites, groupe toujours très compact, aucune erreur.

Nul doute que la formation lituanienne, redoutable en technicité et synchronisation, devra améliorer la caractérisation de ses danses latines pour récupérer son titre de championne du Monde en 2010.

 

Magali Provost