Comment devenir juge?

Une leçon par Pierre Burdon


« Tiens ! Pourquoi est-ce que je ne deviendrais pas juge, moi aussi », me dis-je subitement ce matin dans ma salle de bain en me rasant. D'après la tournure de la phrase, vous avez tout de suite compris que je suis du genre masculin, le seul, d'après un juge normand de ma connaissance exerçant au Havre et dont les initiales sont TP, qui est apte à juger correctement (vieille blague entre nous). J'entends déjà les protestations outrées des juges du sexe opposé dont je suis bien évidemment un ardent défenseur mais, n'insistez pas, même sous la torture, je ne le dénoncerai pas. « Ainsi, me dis-je ce matin, plutôt que de simplement accompagner les couples de mon club sur le lieu des différentes compétitions, pourquoi ne pas franchir le pas et devenir juge à mon tour, ce qui me permettra à la fois d'accompagner les couples de mon club et de me rendre utile auprès des organisateurs ? Comme nous sommes samedi et qu'il y une compétition pas trop loin aujourd'hui, je vais en profiter pour me rencarder. » Zut ! ça m'a échappé. J'aurais dû écrire m'informer, mais d'une part, je ne suis pas le roi de la syntaxe et, d'autre part, avec ce foutu traitement de texte que je ne maîtrise encore pas totalement, je n'arrive pas à revenir en arrière pour corriger...
Arrivé sur le lieu de la compétition, on m'indique que jusqu'à maintenant, celle-ci s'est bien déroulée si ce n'est qu'on a pris un peu de retard, une des juges, enceinte jusqu'aux yeux, devant se rendre aux toilettes toutes les trois compétitions (expérience vécue). Sûr que si TP était présent, il sauterait sur l'occasion pour encore une fois dénigrer ses collègues du sexe opposé.

La compétition étant momentanément interrompue parce qu'une danseuse adulte B sans doute distraite, à moins qu'elle ne soit blonde, est habillée en tenue de standard alors qu'elle aurait du être en tenue de latines, après que le speaker eut très clairement annoncé qu'après le 5e tour des seniors II B standard et avant la demie finale des juniors II E latines qui devait en principe avoir lieu avant, mais avait été déplacée après, puis reportée avant à cause des désistements d'une part et parce que l'organisateur a été obligé de rajouter un tour pour la compétition des juniors standard qui devait en principe être une finale directe (vous suivez ? J'essaie d'être clair, là...), donc, je profite de ce bref instant de répit pour accoster Pierre Burdon qui officie aujourd'hui.
Pourquoi lui, allez-vous me dire ? Je pourrais vous répondre tout simplement parce qu'il est jeune, beau, intelligent, distingué, bien sous tous rapports, comme disait sa belle mère. Oui, ça fait déjà un certain temps pour ne pas dire un temps certain qu'elle le disait, mais ne dites surtout pas le contraire, sa femme le pense toujours, la pauvre. En fait, je l'ai choisi lui parce que vu la tête qu'il fait quand il est au bord de la piste pour juger, il m'a l'air d'un type sérieux, et également parce qu'il fait partie de la commission jugement et qu'il pourra à ce titre m'informer (comme vous l'avez sans doute remarqué, j'ai écrit m'informer et non pas me rencarder comme indiqué plus haut : je fais des efforts).

Je me présente à lui et, très sûr de moi, lui pose très directement la question suivante :
— Excusez-moi de vous demander pardon, j'espère que je ne vous dérange pas, mais j'envisage de réfléchir à la possibilité d'une éventualité de devenir juge. Pensez-vous que cela soit chose possible ?
Admirez la tournure de phrase !
— Oui, me répond-il, battant par là même des records de concision.
Décidément, ce type-là me plaît, je pense que nous sommes faits pour nous entendre.
— Quelle est la marche à suivre pour devenir juge ?
— Juge A ou Juge B ? me répond-il toujours aussi concis.
— Ah ! Il y a plusieurs catégories de juges ?
— Oui.
— Euh...
Puis, je constate soudain, malgré ses lunettes, qu'une brève lueur d'intelligence éclaire son regard.
— Je pense que vous voulez que je vous explique avec précision ce qu'il faut faire pour devenir juge ?
Enfin soulagé, me tortillant sur place, pour un peu je lui baiserais les pieds :
— Oui, lui dis-je, essayant par là même de me mettre à un niveau de concision égal au sien.

Il prend alors un ton doctoral pour m'expliquer ce qui va suivre.
— Il y a actuellement 2 niveaux de juges. Les juges A, niveau le plus haut, qui peuvent juger toutes les catégories de couples et les juges B qui ne peuvent juger que les couples de catégories C, D et E. Pour votre information, il a été demandé à la commission jugement par la Direction Sportive de réfléchir à la création d'une nouvelle catégorie de juges, les juges C, qui auraient pour tâche de juger les médailles et les couples de catégories E, F et G, la catégorie G étant à créer, mais il est encore un peu tôt pour en parler. Je vais donc vous expliquer ce qu'il faut faire pour déjà devenir juge B, le niveau juge C n'existant pas encore et l'obtention du diplôme de juge B étant nécessaire pour prétendre accéder au niveau de juge A. Avez-vous des questions à poser sur ce que je viens de vous dire ?
— Non, dis-je et je me crois obligé de rajouter pour entretenir la conversation ainsi que de bonnes relations, on ne sait jamais, que c'était on ne peut plus clair et de poursuivre : Quelles sont les démarches à suivre pour devenir juge ?
— D'abord, il faut faire acte de candidature auprès de Michelle Ribas qui centralise les demandes afin d'organiser des sessions d'examen. Les dates des sessions d'examen sont indiquées périodiquement sur le site Internet.
« Ensuite, il faut participer à un certain nombre d'épreuves.
« Première épreuve : épreuve pratique dansée supervisée par 2 juges de niveau A. On demande au candidat seul ou avec un ou une partenaire de danser 45 secondes de chaque danse. Chaque danse est notée sur 10. Il faut bien évidemment danser en mesure, sinon on est éliminé d'office. La qualité de la prestation revêt une certaine importance car cela permet éventuellement de récupérer 1 ou au maximum 2 points (une moyenne de 7 permet de récupérer 1 point, une moyenne de 9 permet de récupérer 2 points). Dans le cas où le candidat est un peu tangent à l'épreuve écrite, c'est-à-dire s'il lui manque un ou au maximum deux points pour avoir la moyenne, cela peut suffire à l'obtention du diplôme.
— Ah ! Parce qu'en plus il y a une épreuve écrite ?

Alors là, j'ai l'impression que s'il lui restait des cheveux, ceux-ci se dresseraient aussitôt sur sa tête et il me regarde comme s'il avait affaire à un demeuré.
— Oui, celle-ci consiste en un QCM.
— C'est quoi un QCM ?
Il prend alors un air désappointé et pousse un profond soupir. Visiblement, mon cas ne s'arrange pas. Avec un trésor de patience, il poursuit.
— QCM, ça veut dire Que C'est Moi qui les rédige. Concrètement, c'est un ensemble de questions auxquelles on répond simplement en cochant des cases.
— Sur quel programme est on interrogé ?
— Voilà enfin une question qu'elle est intelligente ! m'assène-t-il. (Visiblement, si moi, je fais des efforts de syntaxe, lui a encore du chemin à faire.) Les épreuves pratiques (épreuve dansée) et théoriques (épreuve écrite) portent sur le programme Associates : IDTA ou ISTD. Le candidat doit simplement le spécifier 2 mois avant la session d'examen.
— Pouvez-vous me donner un exemple de question ?
— Bien volontiers. Les questions peuvent être d'ordre général ou porter sur des points très précis. Je dois d'abord vous expliquer que pour éviter toute ambiguïté dans la compréhension des questions, il faut rédiger celles-ci de manière extrêmement précise. Aussi, pour éviter toute erreur, je fais vérifier la rédaction des QCM par Michelle Ribas qui est très expérimentée et extrêmement pointue en ce domaine. Ainsi, à une question portant sur les généralités du type : « le CBM (mouvement contraire du corps) est une action de corps qui donne une mauvaise fluidité dans l'exécution d'une figure quand on oublie d'en mettre (cochez la réponse 1-vrai ou 2-faux), Michelle me fera gentiment remarquer que tout le monde n'a pas forcément fait bac + 5 pour comprendre la tournure tout en subtilité de cette question et me demandera de la reformuler différemment.
« De même, pour une question déjà soumise à Michelle portant sur le travail de pied du danseur, par exemple sur le cinquième pas du natural spin turn, la question était formulée ainsi : « le travail de pied du danseur est : pied gauche : talon-pointe-talon : vrai-faux », Michelle m'a fait la remarque suivante : « Pierre, a priori, il semblerait que tu aies deux pieds gauches. » C'est ainsi d'ailleurs grâce à Michelle que j'ai enfin compris d'où provenaient, depuis toutes ces années, mes difficultés à danser correctement. Et j'ai remplacé pied gauche par pied droit sur le questionnaire ; dans ma façon de danser également et cela m'a permis d'éloigner mes problèmes récurrents de tendinite.
« Il faut que les QCM soient rédigés de manière à ce que le candidat puisse répondre noir ou blanc, car il ne peut pas en aucun cas répondre par gris. Prenons un exemple concret concernant les directions. « Tango : le pied droit du danseur est orienté diagonal mur sur le dernier pas d'une open promenade : vrai-faux », il faut répondre faux car la bonne réponse est pied droit orienté entre mur et diagonal mur.
— Ah oui. Autrement dit, il faut connaître le programme Associate par cœur.
— Vous avez tout compris.
— Sur combien de questions porte le questionnaire ?
— 30 questions pour les standard et 30 questions pour les latines. Les candidats ont une heure pour répondre aux deux questionnaires.
— Et il suffit d'avoir la moyenne globale pour avoir le diplôme ?
— C'est plus compliqué que cela. Il faut avoir la moyenne en standard et la moyenne en latines. Mais il faut que je vous explique le principe de notation des QCM. Une bonne réponse donne 1 point. Lorsque le candidat ne répond pas, il a bien sûr 0 point. Par contre, une mauvaise réponse enlève 1 point et c'est là que les candidats se font souvent piéger en voulant répondre à des questions dont ils ne sont pas sûrs à cent pour cent de la réponse. Si je peux vous donner un bon conseil, mon jeune ami, il faudra être très attentif sur ce point pour ne pas vous faire avoir et échouer à l'épreuve écrite.
Moi, in petto : « Décidément, ce type me prend pour une andouille,
Ses conseils à la noix, moi j'en ai plein les... »
— Hep, fiston, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que votre attention se disperse, dit-il familièrement, m'empêchant par là même de terminer mon alexandrin (1). Pour conclure sur ce point, il faut que je rajoute qu'il faut, pour réussir l'épreuve théorique, obtenir une moyenne égale ou supérieure à 15 sur 30 en standard ET en latines. Si l'on est tangent et que l'on obtient que 13 ou 14, on prend en compte la prestation dansée et celle-ci peut suffire à rattraper le candidat.

— Et après ça, je peux juger ?
— Que nenni ! Que nenni ! Une fois que vous avez réussi vos épreuves pratiques et théoriques, vous devez assister à un stage pendant lequel vous seront dispensés les éléments de réflexion suivants :
- critères de jugement IDSF ou autres ;
- notions de skating system ;
- connaissance des articles du règlement technique français afférent aux juges ;
- déontologie du juge.
— Et une fois que j'ai suivi ce stage, je peux juger ?
— Tonnerre de Brest ! Mille millions de mille sabords ! Mais pas du tout, éructe-t-il. Il faudra vous acquitter de la somme astronomique de 80 euros.
— On croirait à vous entendre que vous avez servi dans la marine.
— Mais pas du tout, moussaillon, c'est juste pour vous montrer que j'ai des lettres.
— Ah bon ! dis-je sans pouvoir présumer de quelles lettres il s'agit. Et après ça, je peux juger ?
— Fichtre ! Bigre ! Diantre ! Saperlipopette ! Pas encore, s'étrangle-t-il.
Voilà maintenant qu'il s'exprime comme mon arrière grand père.
— Il vous faudra officier en qualité de juge stagiaire sur trois compétitions pendant un minimum de 2 heures chaque fois.
Comme il frise la crise d'apoplexie à chaque fois que je lui pose la question fatidique de savoir si maintenant je peux juger, pour ne pas m'attirer ses foudres, je décide pour cette fois de passer cette question sous silence.
— Jeune homme, je sens qu'une question vous brûle les lèvres.
Je crois déceler au ton de sa voix comme une invitation de sa part et je me risque.
— Votre altesse, votre divinité, votre sainteté, est-ce qu'après ça, je peux juger ?
— Oui, mon fils. Vous avez ma bénédiction pour pouvoir juger à condition que vous soyez à jour de cotisation et, pour pouvoir le rester (pas à jour de cotisation mais rester juge évidemment), vous devrez assister chaque année au stage des juges.


à ce moment précis, la compétition demie finale adultes B latines reprend, la danseuse, blonde au demeurant, ayant enfin changé de tenue. Il me propose pour cette compétition d'officier à ses côtés. Il me tend quelques feuilles de marques et me tend un des ses stylos.
— Un conseil, futur collègue. Faites attention à avoir toujours deux stylos en ordre de marche pour juger des fois que l'un des deux tombe en panne.
La première danse, la samba, commence. Il y a 12 couples en piste et il faut en sélectionner 6 sur une durée de 1 minute 30 secondes. Pour cela, il faut mettre 6 croix dans 6 cases correspondant aux numéros des couples que je veux sélectionner pour le tour suivant. Après quelques secondes pour ce qu'on appelle un général look, je commence avec difficultés à mettre des marques. La feuille de marques me semble particulièrement mal foutue. En effet, elle est numérotée horizontalement de 1 à 13 sur la première ligne, de 14 à 26 sur la deuxième ligne, etc., ce qui rend la recherche des numéros particulièrement difficile (expérience vécue).
La musique se termine et je n'ai sélectionné que 5 couples. Entre le report des croix sur la feuille de marques et la recherche des numéros de dossards des danseurs qui s'obstinent à me montrer leur ventre au lieu de leur dos, je n'ai pas pu terminer mon jugement. Je décide, pour la deuxième danse, de juger plus rapidement quitte à revenir sur mon jugement sur la fin de la danse et je gagne également du temps car je commence à m'habituer aux feuilles de marques.
La danse se termine et j'ai cette fois mes 6 marques. Il en sera de même pour les 3 danses restantes. Pierre me propose d'attendre la finale de cette même compétition pour que je puisse prendre conscience des problèmes inhérents au jugement des finales. En effet, il s'agit maintenant, sur chaque danse, de classer les concurrents de la place de premier à la place de sixième, et je peux vous assurer que cela demande une attention très soutenue. Je me demande comment des juges peuvent effectuer cette tâche 8 heures d'affilée même s'il y a parfois de courtes pauses. De plus, un des couples que j'entraîne est sur la piste et j'ai beaucoup de difficultés à lui décerner une place car je veux le classer sans le désavantager mais sans pour autant l'avantager, ce qui me pose un douloureux cas de conscience. Alea jacta est comme disait un futur empereur qui a mal fini.
à la fin de cette finale, Pierre me demande quelles sont mes impressions. Je lui fais part des difficultés que j'ai eues à juger la compétition précédente. En ce qui concerne les feuilles de marque mal foutues, il me dit que cette situation est exceptionnelle, mais il subsiste le fait que certaines feuilles de marques sont numérotées horizontalement et d'autres verticalement. Il faudrait que le comité technique se charge d'uniformiser ce point.
— En ce qui concerne votre cas de conscience, je dois vous dire que vous n'êtes pas là pour faire du sentiment. à partir du moment où vous jugez en votre âme et conscience, que vous appliquez les différents critères de jugement, que vous pouvez justifier votre jugement et que vous respectez les règles de déontologie, vous devez être persuadé que rien ne peut vous être reproché même si parfois le public vous siffle et que votre jugement ne correspond pas au résultat final, ça peut arriver.


La compétition prend fin et je décide d'attendre le résultat de la compétition que j'ai jugée.
Au vu du résultat il apparaît que je suis tout à fait dans la plaque.
— Alors, prêt à rejoindre nos rangs ?
— Oui, bien qu'il me semble qu'il y ait plus de désavantages que d'avantages à vouloir juger.
— C'est un fait, mais comme je vous l'ai expliqué, sans juges il ne peut y avoir de compétitions et sans compétition le système s'arrête. Il vous faudra admettre que le travail du juge est plus du domaine du bénévolat que d'un travail rémunéré quand vous saurez que les juges A sont payés 150 euros pour une journée de travail alors que pour une même durée de travail vous pouvez certainement gagner plus en assurant des cours dans votre école. L'expérience vous apprendra que vous ne serez pas toujours bien considéré par les compétiteurs, une bonne partie d'entre eux étant persuadés que s'ils font un bon résultat c'est parce qu'ils ont bien dansé et que s'ils ont étés mal classés c'est parce que les juges sont d'affreux c...s, des e...s qui ont de la m... plein les yeux !!! (2) Eh bien, maintenant que vous êtes décidé et je vous en félicite, prenez contact avec Michelle Ribas pour signifier votre candidature.
— Je vais le faire dès lundi prochain. Merci encore pour tous ces renseignements et à une prochaine fois, cette fois-ci à vos côtés, pour juger réellement.

Les faits relatés dans ce texte ne sont bien entendu que pure fiction, exception faite des renseignements concernant le diplôme de juge B, que Pierre Burdon est encore jeune, beau, intelligent, distingué et bien sous tous rapports (il ne dira pas le contraire, vu que c'est lui qui rédige cet article) et en ce qui concerne TP et ses rapports avec les juges de sexe féminin. J'encourage celles-ci (mais pas trop fort, quoi que...) à se jeter sur lui (ne serait-ce que pour vérifier s'il a comme il le prétend un corps d'athlète comme le mien) la prochaine fois qu'elles auront l'occasion de le croiser, si toutefois elles réussissent à trouver son identité. Il ne devrait rien trouver à redire car il me disait encore récemment : « Les femmes juges, je suis contre, tout contre (3). » Et ne dites surtout pas que c'est moi qui vous l'ai dit car TP étant devenu depuis un des deux chairmans IDSF français avec Michelle RIBAS, ce qui n'est pas une mince performance vu la difficulté des épreuves et le faible taux de réussite, il risque de me rendre la vie impossible.

(1) Le mot manquant pour terminer l'alexandrin étant « fouilles » autrement dit « poches » en argot. Vous pensiez sans doute à autre chose, effrontés que vous êtes ?
(2) La décence m'empêche de vous communiquer ici ces termes que seuls les compétiteurs mal éduqués ou bien tout simplement mauvais (ou les deux à la fois) utilisent.
(3) Sacha Guitry.

Pierre Burdon