Interview de Paolo Bosco & Silvia Pitton


Est-ce la première fois que vous dansez à Bercy ?

Paolo. Non, nous étions déjà venus il y a environ 6 ans. Aujourd'hui, c'est différent car nous dansons en tant que professionnels et nous avons donc beaucoup moins de pression.

Est-ce que le passage en professionnel représente un gros challenge pour vous ?

Silvia. Oui, bien sûr. Nous ne réalisons pas encore vraiment car nous n'avons dansé qu'une compétition en professionnels donc nous avons encore besoin d'un peu de temps. C'est une très bonne émulation car c'est quelque chose de nouveau avec d'autres objectifs.

En passant professionnels vous retrouvez des couples que vous avez affrontés dans le passé comme Domenico Soale & Gioia Cerasoli...

S. Oui, nous sommes à nouveau ensemble, comme dans un cycle. Nous sommes accoutumés à danser à ce niveau. Bien sûr, à un moment, ça a pu devenir un peu plus facile dans le sens où nous avons réalisé certains résultats et nous avons dansé avec plus de confiance. à présent, nous avons à fournir encore plus d'efforts et ce sera difficile mais nous sommes expérimentés.

Pourriez-vous définir votre style de danse ?

S. La qualité est très importante, trouver un équilibre tout en ayant une énergie et un dynamisme, et transmettre au public des émotions. Ce sont pour moi, les trois choses les plus importantes pour un bon style de danse.
P. Je crois qu'il est important d'avoir du charisme car si vous n'en avez pas, il est très difficile d'obtenir l'attention du public. Donc notre danse a toujours été développée avec des chorégraphies permettant de nous exprimer. Bien sûr, la technique est importante mais nous l'exploitons à notre façon c'est-à-dire en étant rapides, puissants, dynamiques. Ce sont nos atouts.

© photo : Frédéric Leprêtre

Justement, Bercy est une salle particulière, très grande, avec un public important. Est-ce plus difficile de danser ici que dans n'importe quelle autre salle ?

P. Nous saurons ça ce soir...
S. La salle est grande et le public est un peu loin donc nous verrons si nous sommes capables de drainer leur attention.
P. Mais hier soir, l'ambiance était vraiment très bonne. Le public est très ouvert et c'était très agréable.

Comment avez-vous trouvé la compétition hier soir ?

P. Tout était très agréable, très bien organisé et je crois que l'équipe de Claude Germain effectue un très bon travail. La compétition était très intéressante. La finale était dure tant en standard qu'en latines. Le spectacle était fantastique du coup. Les résultats étaient corrects et très clairs.

à votre avis quelle qualité principale doit posséder un danseur ?

P. Pour moi, la première chose est d'avoir une bonne posture du haut du corps, une bonne top-line. Vous devez aussi savoir ce que vous dansez, quel est votre style. Car si vous copiez, vous ne serez jamais qu'une copie. Il faut donc définir son identité, c'est la chose la plus difficile : essayer d'être différent des autres, de ne pas être comme tout le monde.
S. Je pense que beaucoup de couples sont très très bons : dans l'expression, physiquement, techniquement, ils ont les bonnes chorégraphies, ils ont tout. Mais le champion possède généralement quelque chose de plus qui n'est pas descriptible, cette aura, cette énergie qui vous touche. Ceci, vous l'avez ou vous ne l'avez pas, donc c'est très difficile. Pour moi, quand je vois des champions, c'est cela qui vraiment attire mon attention. Vous pouvez essayer de le travailler mais c'est une chose que vous avez à l'intérieur : vous l'avez ou pas. Si vous regardez des couples comme Pino & Bucciarelli, Malitowski & Leunis, vous pouvez vous rendre compte qu'il y a quelque chose de différent, une présence.

Propos recueillis par Magalie Guillaume